Fabien Barthez, le gardien le plus fou de l’histoire

C’est entendu, le Divin Chauve est le meilleur portier français ayant foulé une pelouse – Hugo Lloris, moins charismatique, est juste en-dessous. Mais Fabien Barthez est aussi un personnage d’apparence je-m’en-foutiste, qui cache sous son énorme niveau un rapport très particulier au stress. Retour sur un cas à part.

Les 4 anecdotes qui prouvent que Barthez et le gardien le plus fou de l’histoire

Vous visualisez Oliver Kahn ? Joueur massif, gueulard, un peu bagarreur, l’Allemand, très impressionnant, a dominé les années 90-début 2000 à son poste, aux côtés de Peter Schmeichel et de Fabien Barthez.

Le Français, lui, était différent : moins aboyeur, mais plus virevoltant et spectaculaire dans ses envolées. Pas grand-chose ne le rapprochait de l’Allemand si on excepte, bien entendu, l’histoire du crachat sur un arbitre lors d’un match amical, chose que même le bien-nommé Bernard Lama n’a jamais faite.

Sur le banc, Fabien Barthez avait profité d’une embrouille entre joueurs pour rentrer sur le terrain et faire son office envers Mr Abdellah El Achirri. Ce qui lui avait valu six mois de suspension, en 2005. Cette action, surprenante de la part d’un garçon qui apparaît généralement détaché, se passe lors de son second passage à Marseille, qu’il rejoint en janvier 2004.

A son arrivée, Fabien Barthez veut chasser immédiatement les doutes entourant sa venue, après six mois compliqués avec MU, où il est devenu le remplaçant de… Tim Howard – ouais, ça craint. Pour son premier match sous ses nouvelles couleurs, contre Strasbourg, en Coupe de France, le Divin Chauve arrête deux penaltys de suite, puis inscrit le péno gagnant face à Richard Dutruel, pas la pire des trompettes. C’est que Fabien s’est toujours fait remarquer par sa tranquillité, voire son insouciance, lors des moments de tensions. Et là, ce n’était qu’un petit tour d’une coupe nationale.

 

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Onze ans plus tôt, le jour de la finale de la Ligue des Champions 1993, le jeune portier, 21 ans, était le même. Dans le bus qui va au stade de Munich, ses coéquipiers, dont certains ont joué des finales de Coupe du Monde – Rudi Völler -, d’Euro – Manuel Amoros – ou de Ligue des Champions – les Olympiens de 91 -, se concentrent tant bien que mal en voyant venir le grand Milan de Marco Van Basten, trois fois Ballon d’Or, dont le dernier glané l’année d’avant. Le Pas-Encore-Chauve, lui… s’endort. Le natif de Toulouse n’est tellement pas sous pression qu’il parvient même à oublier ses gants à l’hôtel où logeaient les Marseillais.

 

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En 1998, lors de la finale de la Coupe du Monde à domicile, rebelote. Fabien Barthez va jouer le plus grand match de sa vie, mais n’en a cure. Il avait déjà prouvé plus tôt qu’il y allait tranquillou, contre les Italiens par exemple : avant la séance des tirs au but, Fabien blague avec les remplaçants, sur le banc, et pendant la séance, il met quelques secondes à comprendre que le tir de Di Baggio qui s’écrase sur la barre signifie que la France file en demi. Malin : en ne sachant pas à quel score on se trouve, aucun tir décisif ne peut amener un stress supplémentaire… Mais c’est contre le Brésil que le joueur de Monaco a sorti l’artillerie lourde.

A l’échauffement, Fabien Barthez, après un contact très léger avec l’entraîneur des gardiens, Philippe Bergeroo, fait mine de se tordre de douleur en criant qu’il lui a « pété le genou. » Ce dernier avouera qu’il a eu la peur de sa vie. Barthez, lui, se marre. Et continuera pendant l’hymne : il souffle un truc à Bixente Lizarazu, à sa gauche, et les deux joueurs pouffent de rire devant la caméra. C’est vrai quoi : qu’est-ce qu’on doit se marrer avant de jouer le Brésil de Ronaldo en finale… Vous ne pensez pas ? Un peu casse-cou sur les bords, le gardien de l’ASM défonce d’ailleurs R9 alors que ce dernier est lancé en profondeur, dans une action restée célèbre.

 

 

Faut dire que Fabien, au fond, est un joueur de champ contrarié. Il a toujours voulu filer loin de ses cages, soit pour voler au-dessus du meilleur attaquant du monde dans une finale, soit pour participer au jeu et être vraiment « goal volant ». Ce qu’il a fait, régulièrement. Ca coûtera des buts à Manchester United, peut-être définitivement sa place, et sûrement des cheveux blancs à Alex Ferguson. Mais Fabien Barthez a surtout joué au football pour s’amuser : sa décontraction, ses oublis, son niveau de jeu énorme et ses poilades en fond un gardien remarquable… mais surtout un peu fou !

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