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Ratés et injustices du Ballon d’or

Entre 2010 et 2016, années où la FIFA a eu la mainmise sur le Ballon d’or, il y a eu une incompréhension sur sa nature même : il récompensait le meilleur joueur dans l’absolu –en tout cas selon la FIFA–, mais pas forcément celui qui avait fait la meilleure année, alors qu’il s’agissait originellement de l’esprit du trophée. Alors que le lauréat 2018 est dévoilé ce lundi 3 décembre, retour sur quelques cas qui ont suscité bien des débats, lors de cette “période FIFA”. Mais également bien avant.



À quand des trophées justes et impartiaux ?


Andrés Iniesta

Souvent cité, jamais récompensé, à l’instar de Xavi, Andrés Iniesta pensait avoir tout fait pour le mériter : visiblement, marquer l’unique but de la finale de la Coupe du monde, en 2010, en rendant hommage à un joueur décédé ne suffit pas. Pas plus qu’un nombre impressionnant de passes décisives et de gestes géniaux, à même de vous faire aimer le beau jeu et le tiki-taka. Le joueur a laissé passer sa chance pendant le cru millésimé du Barça et de l’Espagne, entre 2008 et 2012, où il aurait pu être titré chaque année paire. Maintenant, Iniesta fait le VRP au Japon pour la piquette qu’il produit.

Fabio Cannavaro

Le cas de Cannavaro, vainqueur en 2006, l’année où l’Italie est championne du monde, est bien particulier : son élection a suscité une telle grogne que France Football s’est vu obligé, quelques semaines après l’attribution, de faire un numéro « spécial » pour légitimer son lauréat. Cette année-là, Ronaldinho, vainqueur de la Ligue des Champions et de la Liga, et Ballon d’or lors de la précédente édition, était perçu comme le favori. Thierry Henry, Gianluigi Buffon ou Zinédine Zidane, auteur d’une Coupe du monde mémorable –notamment d’un phénoménal match contre le Brésil–, étaient également cités. Il n’en fut rien : le rugueux défenseur de la Juve, puis du Real, qui a fracassé Thierry Henry au bout de 5 minutes de jeu en finale du Mondial, a tout raflé. Coupe du monde puis Ballon d’or, un braquage à l’italienne, dans les deux cas.

 

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Wesley Sneijder

Finaliste de la CDM et vainqueur de la Ligue des Champions, de la Serie A, de la Coupe d’Italie, de la Supercoupe d’Europe et du Mondial des clubs. C’est le palmarès 2010 de Wesley Sneijder, qui a régalé le monde avec la sélection néerlandaise et l’Inter. Qu’aurait-il dû faire de plus pour avoir le Ballon d’or (et ne pas finir 4e) ? Foutre la balle au fond des filets à la 65e minute de la finale perdue de la Coupe du monde, plutôt que de faire une passe –comme toujours– lumineuse à Arjen Robben (et de le voir buter sur Iker Casillas) ? On pense que ça n’aurait même pas suffi.

Matthias Sammer

Il est roux. A-t-on besoin d’ajouter quelque chose ?

 

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Franck Ribéry

En 2013, le Bernard Pivot du Bayern Munich a été très touché de ne pas remporter le Ballon d’or après sa grande saison, où il a notamment été incontournable dans la conquête de la Ligue des Champions et de la Bundesliga. Peu soutenu par son pays dans la course au trophée suprême, Ribéry en gardera une nette rancœur envers l’environnement médiatique français. Et envers Mamadou Sakho, qui avait déclaré qu’il voterait « personnellement pour Cristiano Ronaldo »… Avec des amis comme ça, pas besoin d’ennemis.

Manuel Neuer

Un autre Munichois, Manuel Neuer, a été la victime du mode d’attribution assez particulier du trophée, en 2014. Champion du monde avec la brillante Allemagne, vainqueur de la Bundesliga et demi-finaliste de la Ligue des Champions, le gardien du Bayern révolutionne littéralement son poste, sous la houlette de Pep Guardiola et de Joachim Löw. Neuer est alors le premier gardien de but-libéro de l’histoire dans deux équipes ultra-spectaculaires. Pas impressionnée par les révolutions, la conservatrice FIFA donne son 3e Ballon d’or à la machine à buts portugaise.

 

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Bonus : Zinédine Zidane

Eh oui, on évoque un tabou, mais Zinédine Zidane n’aurait certainement pas dû remporter le Ballon d’or… en 1998, du moins ! Si le Français l’a récupéré, c’est indéniablement pour ses deux buts un certain 12 juillet. Or, le numéro 10 a certes donné la Coupe du monde à la France, mais il n’a pas fait une grande compétition, avec deux matchs ratés pour un rouge, 2 buts au compteur (en finale, donc) et une passe décisive contre l’Afrique du Sud. C’est tout. En 2006, son Mondial était infiniment supérieur, notamment, et ses saisons 2000 et 2002, avec son but en finale de la Ligue des Champions face au Bayer Leverkusen, plus complètes. Zizou Ballon d’or ? Oui. En 1998 ? Non !

 

Espérons que l’injustice ne se répète pas, ce 3 décembre, avec l’élection d’un Luka Modric ou autre Cristiano Ronaldo…

 

 

 

© Ludovic Péron – Twitter LMDFoot_, LBDFootball, betyetu, Footballogue – Instagram retrofootballshirtpod, wikifootia, manuneuer_thewall