supporter meme club toute sa vie

Doit-on supporter le même club toute sa vie ?

Ah, la fidélité… Une valeur louée dans le football où les joueurs, pourtant, changent de club comme de crampons. Si quelques-uns font exception, chez les pros, les autres trompent leur « partenaire » le sourire aux lèvres, en Mondovision. De quoi nous faire rager, si ce n’est nous donner le tournis.



Les transferts de supporters sont plus que jamais d’actualité…


 

Un exemple, parmi des milliers d’autres : cet été, M’Baye Niang a rejoint Rennes en prêt, son 7e club à seulement… 23 ans ! Lui n’est clairement pas étouffé par l’amour du maillot, jusqu’à la caricature : il a évolué au sein des équipes de jeunes de l’équipe de France, avant de participer à la Coupe du Monde 2018 avec le Sénégal. Ils sont bien loin, les Romains Francesco Totti/Daniele De Rossi ou le Barcelonais Lionel Messi, hommes d’un seul club (et d’une seule nation…). L’infidélité, donc, est clairement répandue chez les footeux. Mais quid des supporters ?

 

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De leur côté, il est encore plus mal vu de « changer d’équipe » en cours de route. Même un déménagement « physique » du nord vers le sud de la France ne permet pas de switcher légitimement du LOSC à l’OGC Nice. Et que dire des gens qui se sont soudainement découvert un amour inconditionnel pour le PSG version qatarienne, voire version Neymar-Mbappé ? Ils ne récoltent qu’opprobre et mépris de la part des fans des autres clubs français, qui ne gagnent quasi plus rien depuis 2011. Jalousie, peut-être ? Sûrement, et c’est injuste, car doit-on vraiment jeter la pierre à des mecs qui quittent les rangs délabrés du supportérisme à Dijon, Nancy ou Toulouse pour rejoindre la plus grande équipe actuelle ? Un club comme Rennes n’a rien gagné depuis 1983 –et encore, c’était le titre de champion de D2. Avant cela ? Deux coupes de France, en 1965 et 1971. D’autres, comme Amiens ou Dijon, n’ont jamais rien glané de toute leur existence –ne parlez pas de « champion de CFA en 2000 », pour les Bourguignons, ce n’est pas un titre, c’est un appel au secours. Vous imaginez le quotidien de leurs supporters ? Ils sont tellement habitués à la lose qu’ils vivent les premières victoires en L1 du PSG, leur nouveau club, comme un triomphe en Coupe du monde. Alors soyons compréhensifs, ne les moquons pas, ne les blâmons pas : la vie est assez dure comme ça pour ne pas rabrouer ceux qui recherchent juste une once de bonheur en supportant une équipe qui ne perd pas (trop). Et ils ont raison.

 

De plus, et nous tenons là un argument imparable, si votre grand amour vous déçoit, fait toujours les mêmes erreurs –deux défaites en finale de Coupe de France en cinq ans face au rival intime, Guingamp, par exemple–, allez-vous continuer à le/la chérir de manière indéfectible ? Non, vous allez tourner les talons comme il se doit, sans sommation (un SMS peut-être et c’est bon). Si l’ex-Gunner Olivier Giroud, tellement chrétien qu’il a un psaume et une croix tatoués sur les bras, a réussi à tromper sa femme avec le mannequin Celia Kay (tout ça la veille d’une rencontre de Premier League contre Crystal Palace, alors que l’Anglaise a même précisé que le joueur ne « se souciait pas du tout du match » et qu’il voulait qu’elle reste « toute la nuit »), les moins dévots devraient pouvoir rompre avec Caen ou Angers pour rejoindre le PSG ou l’OM Champions Project sans se sentir trop coupables.

 

Cet été, légion de fans ont eu très peu de scrupules à migrer de l’Espagne vers l’Italie lors de l’arrivée de Cristiano Ronaldo à la Juve. Dans cette affaire, le Real Madrid a ramassé 100 millions d’euros d’indemnité de transfert mais a perdu 1 million… de followers sur Twitter les 24 heures suivant l’officialisation du mouvement. De son côté, la Vieille Dame gagnait 1,1 million d’abonnés sur Twitter et 1,4 million sur Instagram. Le Portugais, qui pèse très lourd sur les réseaux sociaux, peut se vanter d’avoir ses propres supporters, qui bougent donc de team avec lui. On appelle ça la fidélité… à un homme. L’individualisation du football, qui starifie souvent un seul joueur au détriment du collectif –et donc du club–, permet plus facilement de changer d’équipe au rythme des transferts.

 

C’est ça, la modernité : devenez supporter de M’Baye Niang et adoptez un nouveau club chaque saison, au lieu d’être lié à un seul tout au long de votre vie. Qui peut être très, très longue quand on est supporter du Stade Malherbe Caen…


 

 

© Steve Daniels/Happy fans in the County Ground/CC BY-SA 2.0 – Instagram mbaye_niang11 – Twitter KB9BallonDor, lasource75006, MNTwittos