hitchcock suspense

Les D1 qui se sont jouées à la dernière journée (part. 1)

Parce que le suspense, ça ne se trouve pas uniquement au cinéma, Passe D a décidé de se pencher sur les championnats de France qui se sont décidés dans les dernières minutes.

En 2017-2018, le seul mystère aura été de savoir combien de journées avant la fin le PSG allait officiellement pouvoir lever ce trophée gris et moche en récompense de son labeur. Afin de se consoler de cette pauvreté scénaristique, on a replongé dans nos souvenirs pour vous raconter quelques saisons, en France, où il y a eu autant de suspense que dans un film d’Hitchcock. Dans cette première partie, une fournée avec trois éditions presque coup sur coup, au tournant du XXIe siècle.

 

Saison 1997-1998

Les Sang et Or ont sué sang et eau pour décrocher leur unique titre de champion. C’était en 1998, à l’époque où le RC Lens, aujourd’hui en L2, était à la bataille avec le FC Metz, actuel dernier de L1, pour gagner la dénommée Division 1 dont Stéphane Guivarc’h était le meilleur buteur. Tout un programme. Dernière journée, Lens se déplace à Auxerre et ne doit pas perdre, pour être sacré. Avec deux points de retard sur les Pas-de-Calaisiens, les Messins de Robert Pirès et Sylvain Kastendeuch doivent s’imposer à Lyon, 6e. Ils le font, 1-0. Le signe de croix du président Gervais Martel sur le banc, avant le début du match, n’y fait apparemment rien : les Ch’tis sont rapidement menés 1-0. Puis, en mode Barça guardiolesque, le RC Lens ultra-domine son adversaire, lequel perd sur blessure Lionel Charbonnier, qui avait écarté toutes les frappes de Tony « coupe Mulet » Vairelles. À la 53e, Frédéric Dehu, logiquement recruté par Barcelone un an plus tard, fait une passe en profondeur à la Xavi pour le latéral Yoan Lachor, qui du gauche, tel Lucas Digne, trompe Fabien Cool. Les Sang et Or tiennent bon jusqu’au coup de sifflet final et sont champions… à la différence de buts. Ivres de bonheur, les supporters lensois ont enfin une bonne excuse pour boire et faire la fête en famille.

 

Saison 1998-1999

En 2011, Francis Llacer a avoué qu’il avait « un peu traîné les chaussures » en 1999, contre Bordeaux. Rappel des faits : dernière journée de D1, Bordeaux affronte le PSG au Parc des Princes pendant que l’OM du futur coach de Paris, Lolo Blanc, second à un point des Girondins, doit s’imposer contre Nantes pour espérer être couronné. Ce qui est fait grâce un but de Robert Pirès –lequel perd donc deux ans de suite le championnat à la dernière journée. Car oui, malgré Adailton, l’attaquant brésilien qui n’a sûrement pas compris les consignes en égalisant à 2-2, Paris perd la rencontre en n’ayant peut-être jamais eu aussi peu envie de gagner un match (à égalité avec le 1-6 à Barcelone). La défense parisienne joue très mal le hors-jeu par deux fois et laisse Sylvain Wiltord taper un doublé. Après l’égalisation d’Adailton, fêtée par personne d’autre que lui, Bernard Lama est abandonné par ses coéquipiers et, pendant les vingt dernières minutes, se fait fusiller dans ses cages. Pascal Feindouno, 18 ans, entré en cours de jeu, délivre finalement les Girondins en marquant le but du 3-2 à la 89e. Bordeaux –et le Parc– peuvent exulter.

 

Saison 2001-2002

Le scénario de cette saison 2001-2002 est le plus passionnant de l’histoire du championnat (oui, oui). À la dernière journée, Lyon, 2e avec 1 point de retard, reçoit Lens, leader depuis vingt-huit journées. Du jamais-vu. Les Gones doivent s’imposer dans ce qui est tout bonnement une finale. Qui démarre bien. Dès la 7e minute, Sidney Govou, sobre ce soir-là, échappe à la cisaille de son défenseur et marque sur une praline de 25 mètres. Philippe Violeau, qui n’a pas 44 ans malgré les apparences, double la mise à la 14e sur un centre de Pierre Laigle, dont la coupe de cheveux évoque une certaine idée du totalitarisme. En duplex dans un troquet du Pas-de-Calais (véridique), Canal+ nous montre les mines déconfites des Ch’tis. Mais Jacek Bak, parti de l’OL l’hiver précédent, remet les Sang et Or dans le sens de la marche à la 27e. Malheureusement pour le Polonais, il a mal choisi son camp en quittant le Rhône : à la 57e, Pierre Laigle crucifie Guillaume Warmuz sur une frappe détournée par Jean-Guy Wallemme, qui ne méritait que ça vu son prénom. Score final : 3-1. Jean-Michel Aulas et l’Olympique Lyonnais jubilent. Déçus, les supporters lensois ont enfin une bonne excuse pour boire et se consoler en famille.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour la seconde partie de notre rétrospective historico-angoissante.

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