AC Milan

Un club, une saison : AC Milan 2016/2017

Les saisons les plus mémorables ne sont pas toujours celles que l’on croit. Dans le cas de l’AC Milan, lorsqu’on pose la question aux supporters, les réponses sont diverses et les millésimes exceptionnels sont légion. Il y a évidemment les années Sacchi de 1988 à 1991, avec son football spectaculaire, ses légendes : Van Basten, Rijkaard, Maldini, Ancelotti, Baresi, Gullit… Il y a également l’édition 2003/2004, celle du 17e scudetto pour les Rossoneri, avec Shevchenko et Kaka. Ou encore celle qui s’achève de manière mémorable mais cruelle un certain soir de mai 2005, à Istanbul, en finale de C1.

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Cependant le plus grand tournant que connaît l’institution intervient lors de la cuvée 2016/2017. Après trente ans de règne, l’omniprésent Berlusconi, tonton Silvio, coupe le cordon en revendant le club à des investisseurs chinois. S’ensuit un chamboulement à tous les niveaux : nouveaux propriétaires, nouvel entraîneur, un mercato historique… Retour sur la saison de tous les dangers.

 

Avril 2016 : des entraîneurs à la pelle et des rumeurs

Le 12 avril, c’est officiel, Sinisa Mihajlovic est limogé. Another One Bites the Dust pourrait être la B.O. des quatre dernières années milanaises. Les techniciens viennent, mordent la poussière, donc, et repartent. Parmi eux des anciennes gloires du club, Pipo Inzaghi et Clarence Seedorf, qui n’ont pas réussi non plus à tenir très longtemps le poste. Et c’est un ancien, encore, qui est nommé pour assurer l’intérim : Cristian Brocchi. En parallèle, la rumeur court sur une possible cession à des investisseurs asiatiques.

 

Juin 2016 : Montella IN

Le 28 juin, Vincenzo Montella devient l’entraîneur lombard. Le renouveau est en marche et le jeune coach sans palmarès, mais avec une expérience solide en Serie A, sera son incarnation.

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Juillet 2016 : la vente

Le dénouement des négociations pour la vente du Milan touche à sa fin. Silvio Berlusconi, qui sort d’une longue période de convalescence après une opération à cœur ouvert, adresse quelques mots à la presse. Oui, il a vendu l’AC Milan. L’épilogue d’un règne de trente ans fait de nombreux trophées, de gloires, d’émotions.

Berlusconi assure avoir passé la main aux Chinois à condition qu’ils effectuent des investissements conséquents dès les deux premières années.

Pour les tifosi, le soulagement se mêle à la tristesse et à la nostalgie. Il fallait bien que cette rupture ait lieu pour sortir le Milan du marasme dans lequel il était empêtré depuis plusieurs saisons. Mais c’est aussi la conclusion d’une belle histoire entre un président emblématique et un club qui lui doit beaucoup de sa grandeur.

 

Septembre 2016 : il nuovo Milan

Le championnat commence avec un festival de Carlos Bacca, qui marque un triplé lors de la victoire 3-2 des Rossoneri face au Torino. La suite est plus mitigée. Au bout de six journées, le bilan est de deux défaites, trois nuls et trois victoires (dont une de prestige face à la Lazio), pour une honorable sixième place.

En termes de jeu, Montella ne fait pas dans le beau. Son Milan vise l’efficacité et, pour un temps, la sauce semble prendre : à la trêve, il affiche un des bilans les plus positifs de ces quatre dernières saisons.

 

Février 2017 : retard sur le chantier

C’est la reprise, la reconstruction se poursuit. Dans cette perspective, un certain Gerard Deulofeu plein d’enthousiasme, arrivé il y a peu au mercato d’hiver, vient renforcer les échafaudages.

Malheureusement, la trêve n’aura pas fait du bien aux Milanais, qui enchaînent une série de cinq matchs sans victoire.

 

Mars 2017 : « Dieu habillé en gardien de but »

« Un monstre », « le crack », « Wolverine », « le Messi des buts », « Dieu habillé en gardien de but »… Ainsi commençait une colonne de La Gazzetta dello Sport le 12 mars 2017 pour évoquer l’énorme match qu’avait sorti le phénomène, le joyau Gigio Donnarumma deux jours auparavant. Malgré la défaite 1-2 face à la Juve.

donnarumma milan

Douze arrêts en une rencontre et un baiser de maillot dirigé orgueilleusement vers les tribunes. Un geste pas anodin : à ce moment-là, le très jeune prodige est courtisé par les grosses écuries européennes, Juventus en tête. L’état-major lombard pousse avec insistance pour faire signer à Donnarumma, désormais majeur, une prolongation de contrat. Il sera la légende de ce Milan new look, il a déjà conquis le cœur des tifosi après tout.

 

Juin 2017 : l’Europe, l’amour et la trahison

Enfin, l’AC Milan va retrouver l’Europe. Pas par la grande porte C1, mais par celle de l’Europa League. En accrochant la sixième place, les Rossoneri se qualifient pour le tour préliminaire de la C3. Il était temps.

La joie est pourtant tempérée par l’épisode Donnarumma. Le jeune gardien provoque l’ire des supporters en refusant de signer une prolongation de contrat. Quand on aime beaucoup, on prend le risque de souffrir beaucoup. La fracture semble consommée, il est hors de question de pardonner ou de comprendre la trahison.

 

Août 2017 : accroc au mercato

Clap de fin du mercato estival, une édition hors norme pour le club milanais. Après des années de disette, les nouveaux propriétaires régalent. André Silva, Ricardo Rodriguez, Hakan Calhanoglu, Lucas Biglia, Nikola Kalinic, Franck Kessié… Cerise sur le gâteau avec le recrutement aussi inattendu que prestigieux du défenseur star de la Juve, Leonardo Bonucci. Au total, une virée shopping à près de 200 millions d’euros. On pensera plus tard au fair-play financier.

milan bonucci

Quid du cas Donnarumma ? Après un feuilleton interminable qui aura eu le don d’écorner l’image de l’idole de la veille aux yeux des tifosi, Gigio reste milanais. Sa prolongation est assortie de nombreuses conditions, dont celle de faire venir son frère Antonio.

 

Cette saison 2016/2017 aura donc été celle de la transition, un mot cher au jargon du football. Une transition entre la traversée du désert de ces dernières années et les jours meilleurs qui s’amorcent. Où l’on devrait revoir le mythique AC Milan renaître de ses cendres et, enfin, renouer avec sa gloire passée.

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« La moitié des clubs anglais n’a plus besoin des spectateurs pour engendrer des profits. » Vous qui allez au stade régulièrement, il va falloir vous y faire : vous n’êtes plus essentiels au fonctionnement des clubs de foot. Si ce n’est pour avoir des tribunes pleines qui rendent bien dans la petite lucarne. Le fan serait-il donc devenu inutile ?

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© Maarten Van DammeInstagram acmilan – Flickr Nazionale CalcioDoha Stadium Plus Qatar

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