Messi touche 100M par an : est-ce indécent ?

Pour être précis, le capitaine du FC Barcelone gagne, en tout, 130 millions l’année, et son salaire barcelonais est d’un peu moins de 100M€. Mais on a arrondi à 100 parce que ce n’est pas 10 millions de moins ou 30 de plus qui font la diff’. Et puis « 100 » ça rendait mieux en titre, vous n’êtes pas d’accord ? Si nous n’entendons pas faire la morale avec cette question, Passe D veut quand même s’interroger sur les rémunérations devenus délirantes des joueurs de football.

Messi surpasse Ronaldo avec 130 Millions d’euros par an

Mardi, France Football a dévoilé le salaire et les revenus publicitaires des joueurs les plus riches de la planète. L’Argentin est évidemment en tête du top 20, avec 130 millions d’euros par an, juste devant son grand rival, Cristiano Ronaldo, qui émarge lui à 113M €, soit 17 de moins que le Barcelonais. Le Parisien Neymar les suit de près (93M €), puis ensuite c’est la dégringolade : Antoine Griezmann, le quatrième, est à moitié moins (44M €). Gareth Bale (40,2M €), Andres Iniesta, au Japon (33M €), Alexis Sanchez (30,7M €), Coutinho (30M €), Ezequiel Lavezzi, en Chine (28,3M €), et Luis Suarez (28M €) complètent le top 10 – on va faire semblant de ne pas voir qu’un Chilien qui a mis 5 buts depuis son transfert à Manchester United en janvier 2018 palpe l’équivalent du budget de Guingamp ou Angers en salaire.

Ces dernières années, les revenus des footballeurs ont complètement flambé, atteignant des sommets complètement inédits, même en comparaison avec les autres sports. Selon le magazine français, Lionel Messi est bien le sportif le mieux payé du monde, devant… Cristiano Ronaldo toujours. Le basketteur américain LeBron James, troisième avec 100 millions d’euros par an, est le premier non-footballeur à apparaître dans le top 10, qui est ensuite majoritairement rempli, excepté Neymar, 4e, par des athlètes d’autres sports. Si Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et Neymar sont donc des exceptions dans le monde du football, leurs revenus astronomiques disent quand même beaucoup de ce qu’est devenu ce sport : une manne financière incomparable pour les joueurs les plus côtés de la planète… mais pas uniquement pour eux.

Dans la première partie de la saison, le vestiaire de l’OM s’est parfois embrasé. La raison ? Le salaire de certains joueurs. Dimitri Payet, qui en ce moment joue autant que Nemanja Radonjic mais touche pratiquement deux fois plus (500 000 € brut), aurait été jaloux des revenus du Néerlandais Kevin Strootman. Lequel gagne autant que lui, mais en aurait bien moins fait dans la première partie de la saison pour mériter, selon lui, cette rémunération… Si elles apparaissent anecdotiques, ces petites tensions sur les salaires, probablement présentes dans tous les clubs, révèlent en réalité l’importance – démesurée ? – que cette donnée a pour les footballeurs. Si on ne doute pas que le capitaine de Marseille, désormais sur le banc, ait été préoccupé par les résultats inquiétants de son équipe dans la première partie de la saison, il semble assuré que son esprit ait également été distrait parce qu’une recrue expérimentée, qui a pourtant joué une demi-finale de Ligue des Champions la saison d’avant, touche un salaire aussi démesurée que le sien. Car oui, au fond, la question principale est là : les joueurs de football sont-ils trop payés, de base, et surtout en regard de leurs qualités et de leur utilité pour leur équipe ?

Selon les budgets supposés des clubs… oui, assurément. En L1, et à l’OM en particulier, cela semble évident. Il faut se dire, par exemple, que Kostas Mitroglou, aujourd’hui prêté en Turquie, touchait 3,2M€ par an à Marseille, soit presque autant que… Mario Mandzukic (3,5M€), joueur important de la Juventus. Ca laisse songeur. Mais est-ce son agent qui est un génie ou les dirigeants olympiens qui sont des pigeons ?

Les salaires des joueurs phocéens représentent environ la moitié du budget du club, sans que l’investissement ne soit réellement rentable, vu que Marseille ne va certainement pas jouer la Ligue des Champions cette saison. Une compétition que l’OM n’a plus disputé depuis 2014, sans que les salaires des joueurs baissent en conséquence depuis – c’est même le contraire ! Si on trouve évidemment ailleurs qu’à l’OM des joueurs qui sont trop payés en regard de leur performance sportive, le cas Lionel Messi est, lui, un peu particulier : l’Argentin est le meilleur joueur de son club, de son championnat et probablement du monde. Qu’il soit le footballeur le mieux payé de la planète, devant Cristiano Ronaldo, découle d’une certaine forme de logique. Mais détaillons ses émoluments barcelonais, qui représentent plus de 70% de tout ce qu’il touche, pour s’apercevoir de la totale extravagance de ses revenus.

Le FC Barcelone paye Lionel Messi… 92M€ par an, entre salaire, prime à la signature de son contrat signé en 2017 – 63,5M€ dont il aura fini de toucher la totalité en 2021 – et bonus divers. Par mois, cela fait 7,241M€. Le club catalan a dans ses rangs un joueur exceptionnel, cela est indéniable, mais ce dernier lui ponctionne par saison l’équivalent du transfert de… Cristiano Ronaldo au Real Madrid, en 2009. Cette saison, le Barça espère même dépenser 588M€ en salaire pour tout son effectif… soit 61% de ses revenus totaux !

Où s’arrêtera la folie dépensière ? Si les transferts de plus en plus démesurés des joueurs illustrent à merveille que le football marche sur la tête – Ousmane Dembélé vaut-il réellement 120M€ quand on sait qu’avec son salaire (12M€) il ne peut pas s’acheter un réveil ? -, les rémunérations des joueurs confirment cette impression de folie. Maintenant, même les joueurs bons mais « sans plus » sont payés une fortune et des mauvais peuvent toucher un bras. Instaurer un salary cap, comme en MLS, aux Etats-Unis, pourrait assurément assainir les finances de tous les clubs, et produire une meilleure redistribution et utilisation de l’argent : pour rénover les stades, améliorer l’expérience des spectateurs, et surtout, arrêter de vendre des maillots à 100 balles.
Les salaires ont explosé et atteint une telle démesure que, dorénavant, c’est un peu pour tous les joueurs que le ballon est d’or… même s’il n’y a qu’un footballeur, chaque année, qui remporte le trophée.

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