Ben Arfa, le retour du come-back

Hatem Ben Arfa recommence petit à petit à humer les terrains de L1 grâce au Stade rennais, après environ un an et demi d’entraînement sans match au Paris Saint-Germain. Son retour au plus haut niveau est une véritable Arlésienne, et ce (re-)retour, très attendu, ne doit pas nous faire oublier que la carrière du joueur a régulièrement déçu. Doit-on donc, cette fois-ci et pour la dernière (?), espérer encore quelque chose de l’éternel espoir ?

HBA, passage au Purgatoire ou retour en enfer ?

À 31 ans, « Fenomeno », comme le surnomme Dani Alves –qui a quand même des références en terme de coéquipiers, Lionel Messi, Neymar, Paulo Dybala ou Layvin Kurzawa–, n’a plus le temps. En roue libre au PSG (Hatem, 7 kilos en trop à l’été 2016, aurait été vu en train de bouffer un kebab sur le parking du Camp des Loges, par exemple), le milieu offensif en est enfin parti pour relancer sa carrière. L’évolution de celle-ci a été chaotique depuis sa révélation, en 2002, dans le documentaire « À la Clairefontaine », diffusé sur Canal+. Son talent, reconnu par tous, et notamment par ses partenaires, n’a jamais atteint sa plénitude sur le terrain, là où s’inscrit la véritable valeur des joueurs. Il y a bien eu la parenthèse niçoise, une saison superbe, sa plus aboutie au niveau pro, et quelques envolées à Lyon, Marseille et Newcastle. Mais c’est finalement trop peu eu égard aux attentes placées en lui.

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Peu constant sur le terrain, Hatem Ben Arfa l’est déjà davantage en dehors, où son caractère difficile lui a toujours causé des problèmes. Évidemment, tout le monde a en tête sa mise à l’écart dans la capitale, après une remarque ironique adressée à l’émir du Qatar à propos du président du club, Nasser al-Khelaïfi. Mais ce couac en rappelle d’autres. Ce philosophe convaincu, qui a trouvé, dans les moments difficiles, « la force de se relever grâce à Nietzsche et Socrate », a été impliqué en 2008 dans une bagarre avec Sébastien Squilacci au sein du vestiaire de l’OL. Probablement après que le défenseur central ait émis deux-trois doutes sur Ecce Homo, l’autobiographie du penseur allemand. Ben Arfa a également refusé d’entrer en jeu avec l’OM contre le PSG, en 2008 ; a eu une altercation avec Laurent Blanc après un match de l’Euro 2012 ; a saccagé le bureau du président marseillais, Jean-Claude Dassier, en 2010… Voire, pour revenir au terrain, a été exclu 1 minute et 11 secondes après son entrée en jeu pour avoir donné un coup de pied à un joueur de Benfica, en 2010. Revivez ci-dessous son match palpitant en intégralité…

 

Le point de non-retour a cependant été atteint en 2014, quand le prodige rentre à Newcastle après seulement trois mois de prêt à Hull City. Le coach du club anglais considérait en effet qu’il était « indigne » de l’équipe… Le plus surprenant, dans ce parcours cabossé, c’est qu’un joueur comparé à Ronaldo par le VRP Jean-Michel Aulas, en 2007, à Lionel Messi par Karim Benzema, en 2017, et à Eden Hazard par Demba Ba, en 2018, n’ait pas réussi à s’imposer durablement dans un club, aussi petit soit-il. Sa cuvée niçoise est une éclaircie d’un an dans une carrière déjà longue de quatorze, où pas mal de saisons sont à jeter. Après tant de déception, que peut-on donc vraiment attendre d’un retour à Rennes ?

 

À l’évidence, la taille du club, structurellement proche de l’OGC Nice, semble lui convenir. Bien qu’il soit entouré de « promesses » (Ismaïla Sarr, M’Baye Niang) ou de confirmés (Clément Grenier), HBA est indéniablement la star de Roazhon, comme il l’était chez les Aiglons. On peut aussi penser que le schéma de jeu prendra prioritairement en compte ses qualités, contrairement au PSG, à l’OM et à l’OL, où la tactique n’était pas concoctée selon ses dispositions, et où il côtoyait de meilleurs bonhommes que lui. Enfin, à 31 ans, on peut souhaiter que le garçon se soit assagi, et qu’aucune bagarre n’éclate après une remarque désobligeante sur Le Gai Savoir, une autre œuvre de l’ami Friedrich. Cette aventure rennaise semble vraisemblablement être la dernière de sa carrière (mais pourquoi pas la plus belle ?). Car quelle équipe, après un éventuel nouvel échec, prendrait une énième fois le risque Ben Arfa ?

 

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En Bretagne, le natif de Clamart, qui aurait un jour dit à Antero Henrique qu’il était « un homme libre » et qu’il allait « le rester », peut enfin devenir un grand joueur… de petits clubs. Il pourra ensuite, toujours en homme libre, devenir acteur, comme il le désire.

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